Quel avenir pour la performance absolue ? (Archivé)

Ces derniers temps, les stratégies de performance absolue ont suscité autant de louanges que de critiques. En effet, depuis que ce style d’investissement a gagné en popularité  suite à la crise financière de 2008, il fait l’objet de toutes les attentions. Et ce n’est guère surprenant. Tout gérant capable de promettre à ses clients des rendements réguliers et croissants, associés à une moindre sensibilité à la volatilité du marché, mérite une attention particulière.

À l’instar de toute nouvelle approche d’investissement, d’importantes disparités ont pu être observées entre les fonds qui ont tenu leurs promesses et ceux qui ont échoué. Mais la véritable question pour 2014 est plus générale : les stratégies de performance absolue ont-elles encore lieu d’être ?

Dans les périodes de grandes incertitudes économiques, l’investissement dans un fonds de performance absolue se justifie aisément. Alors que la croissance piétine et que les marchés sont capricieux, la perspective de rendements réguliers et de risques maîtrisés, est en effet séduisante. En particulier lorsque ce fonds vous garantit une protection du capital contre le risque baissier.

Mais si les marchés se mettent à afficher une solide dynamique haussière, ces fonds auront-ils encore leur place d’ici trois, six ou douze mois ? Les investisseurs ne se reporteront-ils pas tout simplement sur des fonds davantage exposés à la hausse des marchés ?

De l’avis de Matthew Oomen, responsable de la distribution pour la région EMEA chez BNY Mellon Investment Management, l’intérêt pour les fonds de performance absolue ne devrait pas faiblir en 2014. Bien au contraire, 2014 sera, selon lui, l’année de la consécration des fonds de performance absolue.

D’après M. Oomen, les investisseurs ont aujourd’hui une meilleure compréhension de la manière d’utiliser les fonds de performance absolue. Avant la crise financière, ce type de fonds était considéré comme un simple support de substitution aux hedge funds. Or, à l’heure actuelle, le recours aux stratégies long/short s’est généralisé, notamment pour tempérer l’effet de la volatilité, ou dans le cadre d’une exposition plus globale des investisseurs aux marchés d’actions ou d’obligations.

La volatilité suscite la crainte

Selon Matt Oomen, il est fort probable que les marchés demeurent volatils en 2014. Les problèmes qui persistent [dans le système économique mondial] sont suffisamment nombreux pour entretenir chez les investisseurs la crainte d’un retour de la volatilité. Dans ce contexte, les stratégies flexibles de performance absolue devraient susciter durablement un vif intérêt de la part des investisseurs.

La plupart des commentateurs s’accordent sur le fait que le principal risque qui menacera la stabilité du marché l’année prochaine viendra du tapering de la politique d’assouplissement quantitatif par la Réserve fédérale américaine, qui pourrait sonner la fin de l’ère des taux d’intérêt proches de zéro au sein du monde développé. Selon Ivo Batista, responsable des stratégies d’investissement au sein du groupe BNY Mellon Investment Strategy and Solutions, ce double risque pourrait provoquer de nouvelles turbulences sur les marchés financiers.

Selon lui, la demande dépendra essentiellement de l’appétit pour le risque manifesté par les investisseurs, mais aussi des caractéristiques des différentes classes d’actifs et des risques perçus comme leur étant associés. Par exemple, en cas de remontée des taux d’intérêt américains en 2014, les investisseurs pourraient chercher à fuir le risque de duration inhérent aux produits de taux. Une approche de performance absolue couverte contre le risque de taux pourrait contribuer à atténuer ce risque. 

David Chellew, Directeur marketing chez Insight, confirme que la volatilité devrait rester tapie dans l’ombre de la croissance. Compte tenu des risques propres aux actions et des niveaux de rendement actuels, les stratégies de performance absolue devraient, selon lui, conserver leur popularité en 2014.

Dans un contexte favorable à la demande de fonds de performance absolue en 2014, quelles stratégies parviendront à tirer leur épingle du jeu ? Selon D. Chellew, les fonds seront jugés sur la réalisation de leurs objectifs. Cela semble être l’évidence même, mais ces stratégies promettent aux investisseurs des résultats très précis et leur succès ne pourra être évalué qu’à l’aube du respect de ces objectifs.

Les meilleurs fonds de performance absolue adoptent une approche axée sur les résultats. Pour David Chellew, il ne s’agit pas d’une course de chevaux, vous ne pouvez pas sélectionner le gagnant en observant son classement par rapport à une catégorie de fonds comparables sur cinq ans. Certains fonds cherchent à produire des rendements positifs tant à court terme qu’à long terme, tandis que d’autres visent des performances supérieures à longue échéance et prennent le risque d’une plus forte volatilité dans l’intervalle. Les fonds qui progresseront seront ceux qui respectent leurs promesses année après année, sans réserver de mauvaises surprises.

Quant à savoir si les lancements de produits « suiveurs » seront plus nombreux en 2014 sur le segment des fonds de performance absolue, David Chellew considère que la question sera plutôt de savoir si les acteurs actuels seront capables de résister à l’épreuve du temps. « Les clients qui auront investi dans des fonds performants auront tendance à renforcer leur exposition, tandis que les nouveaux investisseurs seront attirés par les fonds bénéficiant d’historiques de performance éprouvés », estime-t-il.

Au service des plus âgés

Pour David Chellew, le vieillissement de la population dans le monde développé est une immense source d’opportunités pour les fonds de performance absolue. Cette population qui, selon ses mots, « met le cap sur la retraite ».

À mesure que les individus approchent de l’âge de la retraite, ils ont besoin de revenus réguliers et peu volatils car leur horizon d’investissement se réduit et leur tolérance aux pertes s’émousse.

Les investissements qui visent la génération de performances sur un horizon court terme tout en présentant un niveau élevé de protection du capital permettent aux clients de mieux contrôler l’ordonnancement de leurs investissements et de leurs rachats. Ce besoin grandissant n’est actuellement pas suffisamment pris en compte par l’industrie de la gestion d’actifs. 

Selon Matthew Oomen, les fonds de performance absolue conservent leur attrait en raison du changement de comportement des investisseurs depuis la crise financière. « Aujourd’hui, les investisseurs se concentrent davantage sur la course que sur la victoire. Un grand nombre d’investisseurs n’est plus prêt à s’exposer à la houle. »

Le contenu ne représente pas une recommandation d'investissement. Informations Importantes