Les marchés financiers ne savent plus sur quel pied danser (Archiv )

À l’heure actuelle, les marchés financiers sont avant tout dominés par l'incertitude. Depuis toujours, les deux émotions qui les gouvernent sont la peur et l'avidité : dans le contexte incertain de ces douze derniers mois, marqué par des perspectives économiques contrastées à travers le monde, la peur prend désormais le dessus. Sonja Uys, gérante de portefeuille chez Insight, s’intéresse aux approches qui permettent d’atténuer les effets des mouvements de marché sur les rendements.

Auparavant, pour déterminer les meilleurs placements pour leurs capitaux, les investisseurs se référaient à la théorie classique et comparaient la performance des différentes classes d'actifs à l'évolution du cycle économique et aux perspectives de croissance et d'inflation. Mais les temps ont changé. Les cycles économiques sont imprévisibles, la croissance reste anémique et le monde développé vit sous la menace de la déflation. L'actuelle reprise est tout sauf « normale ». Les politiques monétaires non conventionnelles ont généré des conditions de marché également très inhabituelles. De fait, près d'un tiers de la dette souveraine de la zone euro, toutes échéances confondues, se négocie désormais à des taux d'intérêt négatifs. Il est temps de revoir la théorie.

La reprise économique mondiale obstinément atone contraste avec les solides performances individuelles des marchés financiers, autre facteur qui vient ajouter à la complexité de la situation.

Depuis mars 2009, les marchés d'actions du monde développé et les emprunts d’État internationaux affichent d'excellentes performances, supérieures à 10%. Si l'intérêt économique des mesures d'assouplissement monétaire viendra probablement nourrir les débats académiques pendant encore de nombreuses années, il ne fait aucun doute que l'ère de l'argent « bon marché » s'est montré particulièrement favorable aux investisseurs.

Jouer aux devinettes

Sur les marchés d'actions, les valorisations semblent intégrer un rebond de la croissance, alors même que l'environnement économique est devenu plus contrasté et que les politiques monétaires commencent à diverger. Les menaces déflationnistes en Europe ont incité la Banque Centrale Européenne à renforcer son propre programme d'assouplissement quantitatif. En Asie, la Chine, locomotive de la croissance régionale, donne des signes d'essoufflement et la Banque du Japon a quant-à-elle engagé de nouvelles mesures de QE « fourre-tout » afin de résoudre ses difficultés économiques persistantes.

Prévoir les performances du marché sera toujours, dans le meilleur des cas, une science inexacte. Mais s'orienter dans le contexte de marché actuel s'avère singulièrement délicat. Les obligations et les autres actifs sensibles aux taux d'intérêt sont particulièrement vulnérables. Dans la mesure où les rendements avoisinent ou ont touché des points bas historiques, le risque est clairement devenu asymétrique. Dès lors, tout gain tiré d'une nouvelle baisse des taux de rendements sera probablement absorbé par les pertes induites par la remontée ultérieure des taux.

Les perspectives des marchés d'actions pour les années à venir sont tout aussi incertaines. Depuis la fin des mesures d'assouplissement quantitatif aux États-Unis et le récent changement de ton de la Réserve fédérale à l'égard de la situation sur le marché de l'emploi, la hausse des taux directeurs américains est désormais inscrite à l'ordre du jour de l’année 2015. Les marchés d'actions ont été les principaux bénéficiaires de l'ère du QE, mais l'augmentation du coût du capital entrainera une hausse des coûts de financement, tant pour les particuliers que pour les entreprises, ce qui pèsera par ricochet sur la consommation et l'investissement.

Le pic de volatilité qui a ébranlé les marchés au début du quatrième trimestre 2014 n'est peut-être qu'un signe de l'incertitude qui règne parmi les investisseurs. Dans ce contexte, chercher à deviner l'avenir sera sans nul doute, et encore plus que d’accoutumée, un exercice périlleux. Les stratégies d'investissement long-only, buy-and-hold fondées sur le postulat d'un marché orienté à la hausse paraissent peu adaptées dans le contexte actuel.

Rester aux commandes

Les stratégies de performance absolue cherchent à produire un résultat, indépendamment des conditions et de l'orientation du marché. Elles peuvent cibler des actifs capables de tirer parti de la hausse des taux, exploiter les arbitrages de valeur relative, ou encore, mettre à profit la flexibilité relative des directives d'investissement, au regard notamment de l'indice monétaire de référence.

Dans un contexte de remontée des taux, les investisseurs pourraient avoir intérêt à privilégier des stratégies peu sensibles aux variations de taux ou, inversement, susceptibles de tirer profit de leur remontée. Le recours aux dérivés permet de se protéger contre le risque de taux en immunisant la valeur du portefeuille contre les variations de taux. S'exposer ou non au risque de taux relève dès lors d'une décision active de couvrir ou non la position. D'autres stratégies génèrent des soldes de trésorerie abondants, notamment celles qui choisissent d'acquérir des dérivés plutôt que l'actif physique correspondant. Ces approches bénéficient donc naturellement de la hausse des taux monétaires et, à l'inverse, pâtiraient d'un recul des taux.

Certaines stratégies investissent sur la base d'opérations d'arbitrage de valeur relative. Un gérant adepte d’une stratégie de performance absolue peut ainsi miser sur la surperformance des grandes capitalisations par rapport aux petites capitalisations, ou encore, des obligations italiennes par rapport aux bunds allemands. Le rendement sera donc généré par la surperformance d'un actif par rapport à un autre et ne sera pas soumis à la tendance générale du marché.

Utilisant un indice monétaire et une stratégie d'investissement particulièrement flexibles, les gérants de fonds de performance absolue peuvent partir de zéro et n'investir que lorsque des opportunités intéressantes se présentent. Grâce à la possibilité d’initier des positions aussi bien longues que short sur les marchés ou sur des valeurs spécifiques, les stratégies de performance absolue se comportent bien dans des contextes de marché tant haussiers que baissiers.

L'économie est souvent qualifiée de « science lugubre ». La prévision de marché est son petit cousin du côté de la prospection. Tenter d'anticiper l'évolution des marchés n'est jamais aisé, même lorsque les tendances de l'économie et du marché semblent claires. Des craintes de plus en plus vives entourent la croissance et les menaces de déflation persistent dans certaines grandes économies mondiales. En outre, une remontée des taux aux États-Unis est probable alors que les différentes classes d'actifs affichent des performances impressionnantes depuis 2009. Ces différents facteurs contribuent à entretenir la plus grande confusion autour des perspectives économiques actuelles. Les stratégies de performance absolue strictement orientées revenu sont conçues pour limiter l'influence des mouvements de marché sur le profil de performance global. Dans le contexte d'incertitude qui prévaut aujourd’hui, ces stratégies constituent des outils bien précieux à votre disposition.

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